
ARTICLE RÉDIGÉ PAR SOS Handicap | 26 octobre 2026
Le PAI n’est pas qu’un document : comment en faire un vrai outil d’inclusion familiale
Une réunion par an, une trame de plusieurs pages, une signature en bas : pour une famille, le projet d’accompagnement individualisé peut se résumer à cela. Et le chef de service peut repartir sans ce qu’il cherchait : ce que la personne aime, ce qu’elle redoute, ce qu’elle vit en dehors de l’établissement. Les textes et la HAS décrivent pourtant autre chose qu’un document à signer. Ils décrivent un travail commun entre la personne, ses proches et l’équipe, où la personne garde la main.
PAI, projet personnalisé, PPA : trois noms pour le même outil
Selon les secteurs, le projet personnalisé porte différents noms : PAI, PPA, projet de vie ou projet d’accueil et d’accompagnement. Tous désignent un même objectif : adapter l’accompagnement aux besoins de la personne. Retrouvez l'article sur le PPA dans le dossier usager informatisé.
Trois principes juridiques s’appliquent : la personne participe directement à la conception et à la mise en œuvre de son projet ; le contrat de séjour ou le document individuel de prise en charge est élaboré avec elle ; enfin, les objectifs et prestations sont précisés sous six mois, puis réactualisés chaque année. Plus de détails dans le dossier sur les outils de la loi 2002-2.
Le contrat de séjour et le projet personnalisé sont deux outils distincts mais complémentaires. Si les textes prévoient la signature du contrat ou du DIPC, ils ne précisent pas la même obligation pour le PPA. Au-delà de la signature, l’essentiel reste donc la participation réelle de la personne et les échanges qui ont précédé la formalisation du projet.
Pourquoi le projet devient une formalité
Pour la HAS, le PPA n’est ni un avenant au contrat de séjour ni un simple document : il repose d’abord sur des échanges et un recueil des besoins, l’écrit venant ensuite. Pourtant, le manque de temps, les difficultés rédactionnelles ou une mauvaise compréhension des objectifs du PPA peuvent limiter sa formalisation. À l’inverse, un document rempli rapidement, sans véritable dialogue, risque de vider la démarche de son sens.
L’écrit peut aussi être difficile à comprendre pour la personne accompagnée. La HAS rapporte le témoignage d’un jeune en IME qui demande un document adapté à son langage et illustré. L’ANESM rappelle par ailleurs que participer ne signifie pas nécessairement s’exprimer librement : cela peut aussi traduire une soumission aux attentes de l’institution. Assister à une réunion ou signer un document ne garantit donc pas une participation réelle, ni pour la personne ni pour ses proches.


La place de la famille : définie avec la personne
La HAS prévoit que le projet d’accompagnement soit coconstruit avec la personne et son entourage, selon les souhaits de la personne, qui définit elle-même la place de ses proches. Les associer ne signifie donc pas décider à sa place : c’est respecter son autodétermination.
Pour les personnes ayant un trouble du développement intellectuel, la HAS recommande des réunions régulières, au moins annuelles, associant la personne, sa famille et les professionnels. Pour les personnes polyhandicapées, elle préconise également leur participation à la définition et au suivi du projet personnalisé, avec l’implication des proches et du représentant légal si nécessaire.
L’enjeu concerne de nombreuses personnes : fin 2022, 321 500 adultes étaient accompagnés dans des structures dédiées au handicap, dont 52 % présentaient une déficience intellectuelle principale. Les établissements et services accompagnaient également 174 160 enfants et adolescents. Pour approfondir, découvrez des conseils sur l’alliance éducative avec les familles.
La place de la famille : définie avec la personne
La HAS prévoit que le projet d’accompagnement soit coconstruit avec la personne et son entourage, selon les souhaits de la personne, qui définit elle-même la place de ses proches. Les associer ne signifie donc pas décider à sa place : c’est respecter son autodétermination.
Pour les personnes ayant un trouble du développement intellectuel, la HAS recommande des réunions régulières, au moins annuelles, associant la personne, sa famille et les professionnels. Pour les personnes polyhandicapées, elle préconise également leur participation à la définition et au suivi du projet personnalisé, avec l’implication des proches et du représentant légal si nécessaire.
L’enjeu concerne de nombreuses personnes : fin 2022, 321 500 adultes étaient accompagnés dans des structures dédiées au handicap, dont 52 % présentaient une déficience intellectuelle principale. Les établissements et services accompagnaient également 174 160 enfants et adolescents. Pour approfondir, découvrez des conseils sur l’alliance éducative avec les familles.

Quatre gestes pour que le projet vive entre deux réunions
Au-delà des modèles, les recommandations proposent des gestes concrets pour mieux associer la personne et ses proches au projet d’accompagnement.
- Partir de l’histoire de la personne
Pour les personnes avec un trouble du développement intellectuel (TDI), la HAS recommande de reconnaître l’expertise des familles et de s’appuyer sur des supports personnels : albums photo, vidéos ou livres. - Donner la parole à la personne
La personne doit pouvoir exprimer ses attentes et, si elle le souhaite, organiser ou animer une partie des réunions consacrées à son projet. - Rendre le projet accessible
Avec son accord, le projet peut être transmis à la famille dans un format adapté : pictogrammes, photos ou facile à lire et à comprendre (FALC). Découvrez notre méthode pour créer un document accessible. -
Faire vivre le projet toute l’année
Le projet personnalisé ne remplace pas l’expression quotidienne des choix et préférences. Des échanges réguliers permettent de maintenir une dynamique et d’éviter que l’accompagnement ne s’installe dans la routine.Ces quatre pratiques reposent sur un même principe : recueillir des éléments concrets (photos, événements, moments vécus) que la personne peut partager et ses proches commenter. Un support alimenté tout au long de l’année permet de nourrir ce dialogue. Retrouvez les étapes dans le guide du projet personnalisé en ESMS.
Le cahier de vie : la matière du projet
C’est dans cette logique que s’inscrit Famileo Pro, présent dans plus de 2 700 établissements partenaires et partenaire de l’Unapei. Une offre dédiée aux établissements médico-sociaux propose un cahier de vie papier conçu avec des professionnels pour rassembler les moments importants de la vie du résident
-
Un support alimenté au fil du temps. Le cahier est généré automatiquement à partir des messages publiés sur Famileo. Lors d’une réunion, la personne peut ainsi retrouver des souvenirs, les commenter et les partager avec ses proches et les professionnels.
-
Un outil à construire avec la personne. Famileo Pro encourage sa participation à travers différentes rubriques, afin de valoriser son histoire et son identité. Même lorsque sa participation est limitée, le cahier peut servir de support pédagogique et de discussion.

Des contenus similaires

Cahier de vie : entre outil de liaison et vie privée, où placer le curseur ?
Découvrez comment le cahier de vie renforce le lien entre le résident, sa famille et les équipes, tout en respectant son autonomie et son intimité.

Vidéo - Témoignage de Gaëlle, Aide-soignante FAM
Écoutez Gaëlle, aide-soignante à la FAM les Rainettes, vous raconter comment Famileo a changé son quotidien.




